texte : blabla en allemand.
texte : Point de vue de Céline.
texte : Conversation téléphonique.
texte : message sur portable.
texte : journal intime de Céline.
__l
__l__l sécha ses larmes et me regarda avec un sourire. Qu'avait-il ? Pourquoi pleurait-il ? Je ne voulais pas le brusquer. Peut-être qu'il me le dira après. Mais c'était quand après ? Peut-être qu'il ne me le dira jamais. Je voulais savoir ce qu'il se passait, mais je ne voulais pas non plus le brusquer.
Je m'habillais. Une fois finie, il me prit la main et on sortit de la pièce. Il m'emmena hors de l'hôtel. "J'en ai marre d'être enfermé." m'avait-il dit. J'en ai marre aussi. J'aimerais être libre. Libre comme l'air.
Mon portable était éteint, personne ne pouvait m'appeler. On alla faire les magasins. Bill m'acheta tous les vêtements que je voulais avec son argent. Je ne savais pas qu'on pouvait avoir autant d'argent à à peine dix-sept ans. Comment faisait-il ? Oh, c'était sûrement son "groupe" qui le faisait rapporter cet argent. Quelques personnes reconnaissaient Bill Kaulitz et demandaient un autographe.
On entra dans le magasin "Louis Vuitton", j'avais repéré une robe noire. Je la répérai dans les rayons et allai l'essayer.
-Elle te va à ravir ! s'émerveilla Bill.
Je tournoyai sur moi-même. La robe tourna. Mes cheveux se soulevèrent. Je souris.
-Je te la prends.
-Elle est trop chère Bill.
-Je t'achèterais la lune si je pouvais.
-Merci beaucoup.
Je l'embrassai. Je me changeai, remis la robe sur le ceintre et la passa à Bill. Il alla payer. Il était tellement gentil avec moi. Il serait capable de tout pour moi. Je ne savais pas si moi, je pourrais. Je l'aimais, c'était vrai. Mais je ne savais pas jusqu'où je pourrais aller.
La journée passa. Bill et moi n'étions pas rentrés le midi. On était allés manger dans un fastfood. Je retournais chez moi. J'allumai mon portable : 3 appels en absence, deux de maman et un de papa. S'inquiétaient-ils vraiment de moi ? J'arrivai devant mon immeuble, grimpai les escaliers et ouvrit la porte de chez moi.
-Ah ! T'es enfin là ! Maman te cherche partout ! Ton portable était éteint, il paraît, déclara ma soeur.
-Je t'avais oubliée, toi, répondis-je en allant dans ma chambre.
-Papa et Maman ne rentreront pas manger ce soir ! Ils sont à un dîner avec des amis à Papa, s'écria ma soeur.
Génial, les parents nétaient pas là. Quel bonheur ! Je ne me ferai pas disputer ce soir. J'attendais ce moment. Je sais ce qu'ils diront : "Céline, tu es irresponsable ! Où étais-tu ?". Et moi, je ricanerai. Ils ne me croiront pas de toutes façons.
Je me plaquai contre le mur et souris. Je repensais aux moments de cette journée. Bill m'embrassant devant la Tour Eiffel, Bill me portant, Bill chassant les pigeons, Bill courant... Moi riant. Je l'aimais. Il envahissait mes pensées. Il hantait mes paroles. Il était en moi. Je ne voulais plus me séparer de lui. On s'aimait.
Il était vingt-et-une heures trente. Louison me demanda de faire à manger, elle avait faim.
-Céline, dis-moi avec qui tu étais, déclara-t-elle.
Je la regardai.
-S'il te plaît, continua-t-elle avec ses yeux doux.
Je me retournai. Pourquoi voulait-elle savoir ? Elle me détestait comme moi je la détestais. Entre soeurs, c'était normal, non ? Des personnes disaient que le plus proche sentiment de l'amour était la haine.
-J'étais avec Bill. Je suis amoureuse de lui, lui aussi. On a couché ensemble, dis-je en me retournant.
-C'est vrai ? demanda-t-elle.
-Oui, mais s'il te plaît ne le dis pas à papa et maman. Je le ferai moi-même, répondis-je.
-Merci.
-Pour quoi ?
-Merci de me l'avoir dit, c'est gentil. Tu peux me faire confiance.
Elle me serra dans ses bras. J'étais surprise. C'était la première fois qu'elle me remerciait comme ça. J'aimais beaucoup ça. Je lui servis à manger et nous mangeâmes ensemble, en silence. Un silence pesant. Trop pesant, à mon goût. Une fois terminée, Louison se leva, me dit bonsoir et alla se coucher. Je souris encore à l'idée d'être seule. Je débarassai la table et allai m'asseoir sur le canapé. Quelques minutes après, je pris mon portable et envoyai un texto à Bill : Tu me manques. Il ne se fit pas tarder à répondre : Tu me manques aussi. Je suis près de chez toi, je veux te voir.
Ca sonna. Bill apparut derrière la porte. Je lui sautai dans les bras et l'embrassai.
-Je dois te dire un truc, dit-il en s'asseyant sur le canapé.
-Quoi comme truc ? répondis-je en fronçant les sourcils.
-C'est difficile à te le dire, mais... commença-t-il.
-Tu me fais peur, Bill, le coupai-je.
-Je dois partir après-demain, continua-t-il.
-Quoi ? m'exclamai-je.
-Je suis désolée. Je suis obligée. Il y a eu un contre-temps...
-Comment tu peux me faire ça ? m'énervai-je en me levant.
Les larmes coulèrent sur mes joues. Pourquoi me faisait-il ça ? On était tellement bien ensemble. On s'était retrouvé ! Et lui, il cassait tout en partant. Encore une fois.
-Je suis désolé, Céline. Je suis obligé. Mon manager a dit qu'on devait partir pour une série d'interview en Allemagne. On nous réclame beaucoup là-bas, alors on doit partir.
-Alors, c'est à cause de ton groupe que tu pars ?
-Ou... Oui.
-Tu t'occupes plus de ton groupe que moi. Je ne m'y ferai jamais, on dirait.
-Céline, mais non ! Enfin... Le groupe, ou plutôt la musique est importante pour moi, mais tu l'es aussi ! Je t'aime, Céline !
-Bill, arrête. Si tu m'aimais vraiment, tu arrêterais la musique pour moi.
-Tu dis n'importe quoi.
-Non je ne dis pas n'importe quoi !
-Si tu m'aimais, tu partirais avec moi jusqu'au bout du monde.
Je réfléchis un instant et si...
-Je pars avec toi, déclarai-je.
Il me regarda, surpris.
-Tu ne peux pas ! Ta vie, c'est ici, à Paris !
-Tu as bien dit "Si tu m'aimais vraiment, tu partirais avec moi jusqu'au bout du monde." ?
-Oui.
-Alors, je t'aime vraiment et je pars avec toi jusqu'au bout du monde !
Je souris, lui non. Il avait un air grave. Mais pourquoi ? Je l'aimais et il m'aimait. Il devrait sauter de joie, normalement !
-Tu es folle, Céline.
-Folle de toi, Bill.
Il sourit. Enfin. J'aimais quand il souriait. Il avait le même sourire que son frère. Exactement le même. Je l'aimais énormément. Je voulais partir avec lui. Personne ne me l'empêchera.
Je me rassis à côté de lui. On se prit dans les bras l'un de l'autre. Il sentait bon. Je ne savais pas quel parfum c'était, mais il sentait très bon.
J'entendis des clés dans le verrou. Quelqu'un ouvrait la porte. Qui était-ce ? Mes parents ? Si c'était eux, j'allais passer un mauvais quart d'heure, surtout en compagnie de Bill.
-Céline ! s'écria une femme.
-Maman ! Papa ! Quel plaisir ! répondis-je ironiquement.
-Tu es enfin rentrée ! Où étais-tu ? demanda mon père.
Bill et moi se regardâmes. Je lui souris, un peu gênée.
-J'étais avec Bill, on... On a passé la soirée ensemble. J'ai... j'ai dormi avec lui, répondis-je hésitante.
-Oh Bill ! Bonsoir, s'exclama mon paternel.
-Bon...jour, dit-il hésitant avec un accent.
-Quand tu dis que tu étais avec Bill... Tu as... Je veux dire, tu n'as pas... commença ma mère frissonnante.
-Euh... Si, dis-je rouge comme une pivoine.
-Céline ! s'écrièrent mes parents en même temps.
-On sort ensemble ! m'énervai-je. J'ai le droit de faire ce que je veux.
-Non, pas temps que tu sois sous ce toit, avec nous, déclara mon père.
Les pères disaient toujours ça quand on leur disait qu'on faisait ce que l'on voulait. C'est typique.
-Vous avez quand même pris des précautions, j'espère ? rajouta ma mère, horrifiée.
-Maman ! m'écriai-je.
Quand on parlait sexe avec une mère, c'était toujours la même rengaine : "Vous aviez un préservatif ?", "Tu n'es pas enceinte j'espère !" ou encore "C'était ta première fois ?". Il ne fallait pas s'inquiéter, je savais me protéger, Bill aussi d'ailleurs.
-J'ai quelque chose à vous dire, dis-je.
-Quoi ? répondirent tous deux, en même temps.
-Je pars avec Bill, continuai-je.
-Quoi ?! Où ça ? s'écrièrent les deux.
-Oui, je pars avec Bill. En Allemagne, et jusqu'au bout du monde s'il le faut, répondis-je.
-C'est une blague, j'espère, ironisa mon père rouge de colère.
-Non, papa. Je t'assure que c'est vrai. Je pars.
-Je te l'interdit ma fille, répondit-il.
-Et tes cours ? Tes études ? Tes amis ? demanda ma mère.
-J'abandonne tout. Tant pis. J'aime Bill, je veux être avec lui.
Je me tournai vers l'intéressé, lui souris, il fit de-même mais avec un sourire un peu forcé.
-Tu es folle, Céline. Je ne veux pas que tu partes, dit ma mère en s'asseyant à côté de moi.
-Maman, s'il te plaît. Tu veux mon bonheur ? demandai-je.
-Bien sûr, ma chérie ! répondit-elle.
-Et toi, papa ?
-Oui, je le veux, mais... commença-t-il.
-Alors laissez moi partir avec lui. Je serai heureuse avec lui. Je vous le promets ! le coupai-je.
-Vous n'êtes même pas majeurs ! Je ne suis pas d'accord, tu ne partiras pas, protesta mon père.
-S'il vous plaît. Pour mon bonheur. Je ne veux pas être séparer de Bill. Pas encore une fois. S'il vous plaît, insistai-je comme ferait Louison.
-J'ai dit non, s'énerva mon père.
-Euh... Céline, je vais y aller. Tu m'appelles ?
Je lui souris pour réponse. Il dit au revoir à mes parents et s'en alla.
-Céline, tu ne partiras, point, déclara mon père juste après son départ.
-Papa ! m'écriai-je.
-Ce n'est pas négociable. Ta mère est d'accord, continua-t-il.
Je regardai ma mère, mon père aussi.
-Je... je... Oui, je suis d'accord. Tu ne pars pas. C'est trop...
J'éclatai en sanglot :
-Je vous déteste ! Vous ne me laissez jamais faire ce que je veux ! J'aimerais être libre !
-Tu seras libre à dix-huit ans ma fille ! rajouta mon père.
Je partis dans ma chambre en prenant soin de claquer la porte. J'ouvris l'armoire, pris un sac et fourrai tous mes vêtements dans celui-ci. J'éteignis mon ordinateur, débranchai la prise. J'ouvris le tiroir de ma table de chevet, pris ce journal. Ca faisait longtemps que j'avais écris dedans. Je l'ouvris.
Je m'évade.
Je m'échappe.
Je pars.
Je fermai le cahier, le mis dans le sac. J'ouvris un autre tiroir et sortis une photo. C'était celle de ma grand-mère et mon grand-père. Ca faisait longtemps que je l'avais vu Grand-Mère. Elle me manquait. Je partais pour un long moment, elle allait beaucoup me manquer.
Tard dans la nuit, je me levai discrètement, pris mon sac et tous les trucs dont j'aurais besoin. Je sortis de la maison, la refermai soigneusement derrière moi.
-Au revoir Papa, au revoir Maman, au revoir Louison, murmurai-je en regardant l'appartement une fois descendue dans la rue. Vous allez me manquez.
Je marchais, le sac roulant sur le sol. Je voulais aller chez Bill. Je pourrais compter sur lui, au moins. Je pourrais aussi aller chez Mathilde, mais comment allait-elle réagir si je lui disais que je partais ? Je décidai de l'appeler.
<< -Mathilde ? C'est Céline.
-Décidément, tu appelles toujours quand je dors. Qu'est-ce que t'as cette fois-ci ?
-J'espère que tu ne le prendras pas mal.
-Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
-Je pars avec Bill.
-Quoi ?! Mais où ?
-Tu as la même réaction que mes parents.
-Ah, ils le savent ?
-Oui, ils ne veulent pas que je parte.
-Moi non plus.
-Mais je ne veux plus perdre Bill. S'il part, je pars aussi.
-Et moi ? Ta vie ? Le lycée ?
-Je suis désolée, Mathilde, je t'aime beaucoup, t'es ma meilleure amie, mais j'abandonne tout.
-Tout ?!
-Oui, désolée.
-Tu me déçois, Céline.
-Tu voulais mon bonheur, non ? Tu voulais que je sorte avec Bill, non ?
-Oui, bien sûr. Mais je n'avais pas demandé d'enlever ma Céline.
-On ne m'enlève pas, Mathilde. C'est moi qui décide ça. Bill ne m'a même pas forcée !
-Je vois, mais... Mais, je ne sais pas. Je ne veux pas que tu partes.
-Je suis désolée.
-Je ne t'ai jamais dit une chose, Céline. je t'aime.
-Moi aussi, je t'aime.
-Non, tu ne m'aimes pas comme moi je t'aime.
-Tu veux dire que...
-Oui, je t'aime mais pour amour. Je suis homosexuelle. Je t'aime depuis le premier jour que je t'ai vue.
-Oh, Mathilde. Je suis vraiment désolée. Je ne...
-Laisse tomber, ne dis rien. Par où tu veux avec qui tu veux. Oublie-moi, ce serait mieux. Oublie tout.
-Mathilde, non... Je ne...>>
Elle raccrocha. Je ne voulais pas lui faire ça. Je ne savais pas qu'elle m'aimait. J'étais vraiment désolée. J'avais beauc l'appeler, elle ne répondait plus.
J'arrivai à l'hôtel de Bill, montai les escaliers et arrivai devant sa chambre. Je frappai, la porte était entre-ouverte.
-Je crois que ce n'est pas une bonne idée de l'emmener avec nous, Bill, dit une personne.
-David, je sais ce que je fais, répondit le jeune homme.
-Elle va souffrir. Tu ne peux pas te permettre de la montrer à tes fans, continua la personne.
-Je l'aime, David. Je ferai ce que je veux, protesta Bill.
-Non, tu ne feras pas ce que tu veux. Ta carrière pourra échouer si...
J'ouvris grand la porte. La personne dénommée David s'arrêta de parler quelques secondes et reprit :
-Je vais vous laisser... Bill, réfléchis bien à ce que tu fais.
Je m'approchai de Bill et le serrai dans mes bras. Les larmes coulèrent toutes seules. Je craquai, tous les évènements s'enchaînaient et me dépassaient.
-Tu... Tu as entendu de quoi on parlait ? demanda mon ami.
Je fis non de la tête. Il sourit pour me rassurer. Il me caressait les cheveux pour me consoler.
La nuit se termina dans le lit, dans les bras de l'un et de l'autre.
Le jour où on devait partir arriva. Bill m'expliqua que je ne serai pas dans la même voiture que lui, par sécurité. Sécurité de quoi ?
Bill, Tom et es deux autres sortirent. Quelques fans attendaient, ils signèrent des autographes, prirent des photos et montèrent dans la voiture. On me dit d'avancer. Une voiture attendait sur le troittoir : elle était pour moi et pour d'autres personnes du "staff", il paraît. Je sortis de l'hôtel et avançai jusqu'à la voiture. Je montai, les autres personnes suivirent. La voiture démarra.
Nous arrivâmes devant l'aéroport de Paris. Des fans étaient encore là. C'était qu'ils se renseignaient vite eux, enfin elles : il n'y avait que des filles. Je trouvais même très bizarre. Leur musique était peut-être pour les filles ? Je ne l'avais jamais écoutée, à vrai dire. Bill m'attendait à l'abris des regards. Je passai à côté de lui, sans le remarquer. Il me prit le bras et me poussa vers lui.
-Tu m'évites, maintenant ? murmura-t-il sur un ton très... sexy.
-Non, je ne t'avais pas vu, désolée, répondis-je avec un petit sourire.
-J'ai envie de toi, là maintenant. Tu veux ? dit-il en passant la main dans mon T-shirt. Sa main était froide, j'eus des frissons.
-Bill, non. T'as vu le monde ? T'es fou ! rigolai-je.
-Je ne rigole pas, moi ! s'écria-t-il.
Il m'embrassa. Ce fut un long baiser langoureux.
-Allez viens ! On les fait attendre, dis-je en le prenant par la main.
On s'avança tous deux vers les autres, passa notre billet à une dame, se fit contrôler et monta dans l'avion. Je m'assis à côté de Bill. Il m'expliqua que normalement il était tout le temps avec Tom dans l'avion parce qu'il avait peur de ça. Je rigolai. Il me faisait beaucoup rire. En le voyant comme ça, on ne dirait pas, mais quand on le connaissait, il était une autre personne. Je regardai par la fenêtre. Il y avait du brouillard ce matin, il était quand même huit heures et demi, c'était peut-être normal. Une dame annonça le départ de l'avion, on devait mettre notre ceinture. Une autre dame nous proposa des bonbons pour la pression de l'air.
L'avion s'envola, mon coeur s'emballa. Je ne reviendrai peut-être jamais ici. J'avais peur. Bill me prit la main, je me tournai vers lui et lui souris. Je regardai ensuite dehors, on s'éloignait de la piste, de l'aéroport...
-Au revoir, Paris, fis-je.
Ce n'était qu'un au revoir, Céline. Enfin je pensais...
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